Cancer de l'intestin grêle

Le cancer de l'intestin grêle est pris en charge à l'Hôpital privé Jean Mermoz à Lyon (Rhône-Alpes). Quelles sont les spécificités de ce cancer? Quels en sont les symptômes, le diagnostic, les traitement possibles et enfin quel suivi doit être envisagé?

Qu'est-ce que le cancer de l'intestin grêle?

L’intestin grêle, ou petit intestin, fait partie de l’appareil digestif : il fait suite à l'estomac et se poursuit par le gros intestin, ou côlon. Il se compose de trois segments distincts mais continus :

  • le duodénum
  • le jéjunum
  • l'iléon 

Quatre types de tumeurs peuvent se développer dans l’intestin grêle :

  • les adénocarcinomes
  • les tumeurs neuroendocrines
  • les tumeurs stromales
  • les lymphomes

Nous n’envisagerons ici que l’adénocarcinome de l’intestin grêle, qui représente environ 40 % des cancers de l’intestin grêle, comme les tumeurs neuroendocrines. L’adénocarcinome de l’intestin grêle est une tumeur rare (environ 3600 nouveaux cas / an en Europe) mais dont la fréquence est en augmentation. Il est le plus souvent localisé au niveau du duodénum. Il survient le plus souvent apres 60 ans. Dans 20 % des cas, il est associé à un syndrome génétique (syndrome de Lynch, polypose adénomateuses familiales, syndrome de Peutz-Jeghers) ou une maladie prédisposante (maladie de Crohn, maladie coeliaque).

Les symptômes du cancer de l'intestin grêle

Au stade précoce, le cancer de l’intestin grêle est le plus souvent asymptomatique

Habituellement, ces tumeurs sont révélées par :
•    Une carence en fer, une anémie ferriprive
•    Une hémorragie digestive avec du sang dans les selles ou des selles noires à l’aspect goudronneux

Lorsque le bilan endoscopique s’est révélé normal, ces situations cliniques indiquent la réalisation d’un examen par video-capsule de l’intestin grêle qui peut révéler la présence d’une tumeur de l’intestin grêle, et notamment d’un adénocarcinome.
•    une occlusion digestive, c’est-à-dire un blocage de l’intestin ou une peritonite révélant une perforation intestinale.
 

Comment dépister un cancer de l'intestin grêle?

•    Scanner thoraco-abdomino-pelvien : il permet éventuellement de visualiser la tumeur et des lésions à distance (métastases)
•    Une gastroscopie, une coloscopie et un examen par video-capsule de l’intestin grêle en l’absence de signes occlusifs cliniques et morphologiques et apres avoir verifié la perméabilité de l’intestin grêle par une capsule « patency ». Le but des ces examens est de rechercher des tumeurs associées au niveau du tube digestif.
•    Dosage de l’ACE et du CA 19.9
•    Dosage des anticorps anti-transglutaminases et biopsies duodénales (recherche d’une maladie coeliaque).
•    Recherche d’une instabilité microsatellite sur les prélèvements tumoraux (recherche d’un syndrome de Lynch)
 

Le pronostic

Les adénocarcinomes de l’intestin grêle sont des tumeurs agressives, de moins bon pronostic que les tumeurs coliques. La survie à 5 ans est variable en fonction du stade de la tumeur. Elle est estimée à 5-60 % pour les stades I, 39-55 % pour les stades II, 10-40 % pour les stades III et 3 à 5 % pour les stades IV. La localisation duodénale, la présence d’un envahissement ganglionnaire et une extension de la tumeur au-delà de la paroi de l’intestin grêle (T4) sont des facteurs de mauvais pronostics reconnus.

tableau classification

Les traitements du cancer de l'intestin grêle

Le cas de chaque patient est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire, réunissant plusieurs médecins de spécialités différentes (cancérologue, radiologue, chirurgiens, radiothérapeute...) pour décider du traitement le plus adapté au cas du patient.
La chirurgie et la chimiothérapie sont les deux traitements de référence de ces tumeurs.

  • Traitement des tumeurs localisées, non métastatiques :

Le traitement de référence est la chirurgie. Elle associe l’exérèse de la tumeur et des ganglions régionaux. Elle permet potentiellement la guérison du patient. Cependant le risque de récidive est élevé, évalué à environ 40%. Une chimiothérapie complémentaire est recommandée pour les tumeurs avec un envahissement ganglionnaire (stade III) ou avec une extension au-delà de la paroi de l’intestin grêle (stade IIb). L’étude prospective internationale de phase III (PRODIGE 33 - BALLAD) comparant une chimiothérapie adjuvante à l’observation est en cours dans plusieurs pays dont la France. L’hôpital privé Jean Mermoz participe à cette étude.

  • Traitement des tumeurs métastatiques :

Le traitement de référence est la chimiothérapie. Peu d’études ont étudié l’efficacité de la chimiothérapie dans ce type de tumeur. En France, en première ligne de traitement, le protocole recommandé est le FOLFOX (5 Fluorouracile-oxaliplatine). Les tumeurs MSI sont accessibles à une Immunothérapie. En situation métastatique, au cas par cas, en cas d’extension limitée de la maladie, on peut être amené à discuter d’une résection chirurgicale des métastases, voir, en cas de carcinose péritonéale limitée, d’une chirurgie associée à une CHIP (chimio-hyperthermie intrapéritonéale), technique innovante qui est disponible à l’hôpital privé Jean Mermoz.

Suivi et réadaptation en rémission

Le patient est accompagné pendant mais également après le traitement de son cancer. Le médecin référent ainsi que l’équipe de soins de support assurent un suivi et contact réguliers. Ils restent disponibles entre chaque rencontre et prise de contact pour répondre aux interrogations ou problématiques rencontrées par le patient.

Pour connaître tous les cancers pris en charge à l'Hôpital privé Jean Mermoz: